Hubert Duprat : un parcours d'artiste 3

Publié le par Yan Chevallier

3. les années 2000

 

   Les très actives années '90 se terminent sur deux grandes rétrospectives, celle d'Antibes, Genève et Limoges en 1998-1999 et celle de Digne et Caraglio (Italie) en 2002. Chacune de ces manifestations donne lieu à un catalogue qui permet de reprendre l'analyse de l'œuvre de l'artiste et de faire le point provisoirement.  Les années 2000 se caractérisent par une très nette attitude de retrait de la part d'Hubert Duprat. Après les grandes rétrospectives, l'actualité se limite à des expositions collectives organisées par les institutions ayant précédemment acquis des pièces, sans intervention active de l'artiste. Pendant pratiquement une décennie, Duprat ne propose presque aucun travail nouveau. On a des informations sur quelques rares pièces nouvelles du début des années 2000. En 2000, il montre un patatoïde allongé de paraffine blanche hérissé de cristaux de quartz. En 2002, un travail basé sur deux scènes de la tapisserie de l'Apocalypse est cité mais ce travail, présenté comme en cours ne sera pas montré. S'il ralentit beaucoup sa production, Hubert Duprat ne reste pas inactif. Il poursuit son travail de documentation qui suit (ou précède la mise au point de projet nouveaux. On sait notamment qu'il s'applique à rassembler toutes les représentations existantes de trichoptères, nouant des contacts à ce sujet dans le monde universitaire, échangeant une correspondance nourrie (comme les érudits du XIXe siècle avec des bibliophiles, des antiquaires, des bibliothécaires de toute l'Europe. De nouvelles pièces sont élaborées qui seront présentées toutes ensemble lors d'une grande exposition proposée au centre d'art et du paysage de Vassivière (Limousin)à la fin de 2008 et au début de 2009. Investissant le bâtiment post-moderne d'Aldo Rossi, Hubert Duprat présente huit pièces. Deux sont de gigantesques tas : une énorme masse de pâte à modeler blanche qui accueille le visiteur et une masse de 2,5 tonnes de magnétite. Deux pièces sont des cylindres creux, l'un fait de morceaux de pyrite, l'autre de calcite optique. Deux pièces sont des sculptures au sens plus classique du terme : un grand rhomboèdre de plâtre, dont les surfaces minutieusement découpées montrent des « incrustations » de laiton ; et un groupe de sept cylindres allongés et pliés, dont la forme évoque des churros. Enfin, Hubert Duprat propose deux plafonds, l'un réalisé en plaques de mica liées par de gros joints blancs apparents, l'autre, placé dans le « phare » de Vassivière, composé de bouts de tubes de PVC collés qui évoquent des milliers de bulles. En 2009, pour la première fois Duprat accepte qu'une exposition monographique lui soit consacrée dans sa région de résidence, par le FRAC Languedoc-Roussillon. Depuis une dizaine d'années maintenant, Hubert Duprat semble  préférer le format de la grande exposition personnelle. Il est probable que désormais son travail intègre une mise en relation physique de ses pièces dans les lieux d'exposition.

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