Breughel et les abeilles

Publié le par Yan Chevallier

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Dans un dessin de la fin de sa vie, Pieter Brueghel, peintre des visages contrefaits et de l'humanité commune, choisit de représenter des apiculteurs. Sujet paysan comme toujours, mais cette fois-ci le visage des hommes au travail est occulté. Il apparaît comme une face lisse de paille, protégeant les parties précieuses du visage de la piqûre des abeilles. Les corps, eux aussi protégés renforcent l'aspect de pantins des personnages du peintre flamand. Comme toujours chez Breughel, les hommes sont soumis aux forces immenses de la nature, à en perdre leur autonomie, leur libre-arbitre de chrétiens censés. Ce qui frappe néanmoins le spectateur est la grande ressemblance formelle entre les visages des apiculteurs et les ruches qu'ils transportent, comme si l'ouvrier se muait en son travail, en son outil, comme si la ruche finissait par acquérir les caractéristiques d'un être pensant. Le petit peuple des abeilles dans ses drôles de maisons

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Heilheim 07/04/2010 23:12



Je ne connaissais pas du tout cet artiste !


*honte à ma pauvre culture*


Et je suis heureuse de pouvoir la compléter grâce à ton blog^^ Mais, personnellement, sur cette oeuvre ci, je n'aurais pas interpréter la ressemble des visages occultés des apiculteurs avec les
ruches de la sorte. J'aurais plutôt cru que l'artiste voulait dire que le travailleur se tue tant à la tâche qu'il finit pas se définir par ses efforts: les apiculteurs en ruche donc. C'est à
dire qu'à force de travailler, ils perdaient eux même leur identité, et de l'oeil de la société, ils étaient eux même considérés tels que l'artiste les a représenté. Enfin, j'aurai plutôt vu ce
détail de ce point de vu là personnellement.


Bref, merci pour cette touche de culture^^